Témoignage : n’oublions pas les parents !

Maman militante au sein de deux collectifs, Estelle lutte pour aider son fils autiste et pour la reconnaissance des aidants. Elle témoigne de son expérience et du besoin de prendre en compte la vie les aidants proches de personnes avec un handicap.

Deux collectifs pour les parents

Estelle Frammery a 40 ans et élève deux enfants, dont son fils de 12 ans autiste, Clément. Militant pour la reconnaissance des aidants d’enfants handicapés, elle a rencontré « des gens du même âge (qu’elle) et confrontés aux mêmes problématiques » dans deux collectifs.  Elle assure aujourd’hui le rôle de représentante départementale dans ces deux groupes : « Handi actif France » et « Soutenez les parents d’enfants différents. Retrouvez une vie sociale ».

Ce dernier, qu’elle a rejoint en 2016, lui permet d’interpeller les politiques dans un entretien au Républicain Lorrain, elle s’exprime: « J’ai longtemps cru que le fait de conserver mon travail ou d’en trouver un n’était que ma problématique. Mais je me suis bien vite rendu compte que c’est le lot de tous les parents d’enfants porteurs de handicap. C’est une vérité plus que criante ! Un grand nombre de familles doivent attendre des mois pour avoir un premier rendez-vous dans un centre et poser un premier diagnostic. Ces investigations médicales peuvent prendre jusqu’à un an. Cela oblige l’un des parents à être présent lors de ces séances et, souvent, à cesser toute activité professionnelle pour accompagner l’enfant. »

Photo RL.

Concilier un emploi et l’accompagnement de son enfant

Elle explique son parcours entre diagnostique et recherche d’un accueil pour son enfant. Pour elle, il est impossible pour les parents concernés de trouver un emploi flexible afin de s’occuper des enfants tout en travaillant. Elle a elle-même dû s’arrêter de travailler durant quatre ans. Après un arrêt aussi long, difficile de retrouver un travail qualifié, et il faut également compter la perte des annuités à l’âge de la retraite.

Travailler et mener une vie indépendante est également important pour Estelle qui ne veut pas vivre d’assistanat. Elle propose de bénéficier d’un cadre juridique adapté, et d’exercer un emploi grâce à l’annualisation du temps de travail ou au télétravail. Elle renchérit : « On pourrait imaginer un projet innovant de plateforme mettant en relation parents disponibles et employeurs pour des emplois flexibles sur des emplois atypiques. De nos jours, il faut deux salaires à une famille pour vivre correctement. À travers ce collectif, on demande juste la possibilité d’avoir des emplois adaptés à notre problématique. »

Son appel est clair, pas question d’oublier les aidants. « Ne nous laissez pas sur le bord de la route ! Nous sommes tout aussi compétents que les autres. On ne peut pas rajouter un problème de précarité à un autre déjà existant. Nous existons en tant que personne et ne pouvons pas être définis par le handicap de notre enfant. »

 

 

 

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